• église Notre Dame de l'Assomption de Colpo

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        Colpo,

     

    et la princesse Baciocchi

     

    Nièce et filleule de l’Empereur Napoléon 1er, la princesse Napoléon Elisa Baciocchi avait épousé le comte Camerata, avec qui elle ne s’entendait guère, et elle eut le malheur de perdre leur fils unique en 1853.

     

    A l’instigation de l’Empereur Napoléon III, elle fit, en 1857, un voyage en Bretagne et y acquit l’année suivante un vaste domaine de 300 hectares, couvert en grande partie de landes et peuplé de mendiants. Elle s’y fit construire une résidence à Korn-er-Houët et décida de faire de Colpo une nouvelle circonscription administrative et religieuse à partir de territoires prélevés sur Saint Jean Brévelay, Bignan et Grand-Champ.

     

    Bousculant les objections et les oppositions, elle obtint, le 4 juin 1864, la création d’une nouvelle commune et le 21 février 1866, celle d’une nouvelle paroisse.

     

    Forte de la promesse d’un don de 100.000 francs, sur la cassette impériale, elle finança la construction d’une mairie, d’une église, d’un presbytère, d’une école, d’une maison de secours, de plusieurs habitations, faisant ainsi surgir de toutes pièces un bourg organisé le long d’une avenue plantée de tilleuls. Au centre se dressait une colonne recevant une statue de l’Empereur. En 1893 elle porta finalement celle d’une Vierge.

     

    Les travaux furent menés tambour battant. Commencée en juin 1866, l’église fut bénite par l’évêque de Vannes, Mgr Bécel, le 23 décembre 1867 et terminée l’année suivante. La princesse offrit la grosse cloche et le préfet la seconde. La grande Aumônerie fournit tous les objets nécessaires au culte.

     

    La princesse Baciocchi mourut le 3 février 1869 à Colpo où ses obsèques furent célébrées avec la plus grande solennité. Après une inhumation provisoire, son corps fut déposé, le 3 février 1870, dans un tombeau qui occupe une chapelle de l’église où elle avait coutume d’assister à la messe.

     

    Le général de Courcy, successeur de la princesse à Korn-er Houët aida le Conseil de fabrique paroissial à compléter le mobilier de l’église qui reçut notamment une chaire et des stalles dans le chœur.

     

    La nature du terrain, la précipitation des travaux et un coup de foudre en 1922 sont à l’origine des défauts qui compromettront la solidité de l’édifice. Il fallut, en 1936, consolider les murs par des contreforts, baguer les colonnes intérieures et remplacer les garnitures des fenêtres.

     

     

    L’église Notre Dame de l’Assomption

     

    L’église de Colpo est dédiée à l’Assomption de Notre Dame. Sa haute silhouette ferme la perspective, au fond de l’avenue. En avant de la nef se dresse le clocher-porche, au bas duquel portail s’inscrit dans un avant-corps à pignon triangulaire soutenu par des colonnes jumelles de granit sombre à chapiteau de pierre blanche. Trois voussures concentriques reposent sur des piédroits, et dans le tympan, une Vierge à l’Enfant, enveloppée d’une mandorle, reçoit la vénération de deux anges agenouillés. Latéralement, deux petites tourelles engagées contiennent le baptistère et l’autre un escalier.

     

    Plus haut, la tour s’élève en deux étages : celui de l’horloge et celui du beffroi, cantonné de colonnes d’angle et percé de hautes fenêtres cintrées.

     

    La flèche polygonale s’élance au milieu de quatre pinacles, chargée d’étroites ouvertures sous gable et trouée de baies en quatre feuilles.

     

    De longues fenêtres cintrées scandent les cinq travées de la nef tandis qu’au nord et au sud, de grandes baies en plein cintre éclairent les ailes saillantes du transept. Le chœur se prolonge, à un niveau inférieur, dans une abside à cinq pans dont les fenêtres, coiffées chacune d’un petit pignon triangulaire dessinent une demi-couronne.

     

    Construit en moellons enduits, l’édifice est consolidé par des chaînages d’angle en appareil de granit mais on s’est contenté de pierres calcaires dans l’encadrement des baies. L’élévation est très accusée et la symétrie parfaite. L’église de Colpo témoigne d’une inspiration éclectique que l’on retrouve dans la basilique de Sainte Anne d’Auray, sa contemporaine.    

     

    Elle ne comporte qu’un vaisseau unique car les colonnes qui soutiennent la voûte à croisée d’ogives ne s’écartent que peu des murs. Baies et chapiteaux sont sculptés dans la pierre blanche et aux clefs de voûte figurent les armes de Monseigneur Bécel, de l’Empereur et de la princesse. Les nervures rayonnantes de l’abside sont reçues sur des colonnettes terminées en culots. Le volume d’ensemble est agréable et harmonieux.

       
    Les autels marient le marbre à la pierre blanche. Leur table à bordure moulurée repose au fond sur un muret sobrement sculpté et en avant sur des colonnettes de marbre gris foncé. Les stalles du ch
    œur et les confessionnaux sont d’inspiration néo-gothique, mais sur la cuve de la chaire, les quatre évangélistes se détachent en relief à l’intérieur d’arcades cintrées entre deux cordons de feuilles.

     

    Seuls les vitraux du milieu de l’abside sont figurés d’une crucifixion et des images de saint Charles Borromée et de Saint Augustin. Le lutrin à l’aigle a été taillé dans le bois mais toute la statuaire est en plâtre.

     

    La cuve baptismale s’orne de roses et à proximité de la porte principale, se voit un riche bénitier de marbre polychrome.  

     

    La pièce la plus originale du mobilier est le mausolée de la princesse qui remplit une chapelle méridionale. C’est un puissant cénotaphe de granit, en forme de tronc de pyramide, assis sur une base rectangulaire orné d’antéfixes aux angles supérieurs. Sur la face antérieure se détachent un aigle aux ailes à demi déployées et une draperie surmontée de la couronne impériale et nouée de rubans, sur laquelle se lit le blason losangé de la princesse.  

     

    La dalle supérieure porte l’épitaphe «  Son Altesse Napoléon-Elisa Baciocchi, née à Lucques, le 3 juin 1806, décédée à Korn-er-Houët, Morbihan, le 3 février 1869 ».

     

    Ses restes se trouvent au pied du mur occidental de la chapelle où la paroi porte une croix de marbre avec l’inscription « IHS. Ego sum resurrectia et vita » (je suis la résurrection et la vie). La fenêtre affiche encore ses armes. Ce monument est peut-être le dernier reflet de la puissance et de la gloire impériales qui allaient sombrer dans le désastre de 1870.

     

    Aussi l’église de Colpo demeure-t-elle chère au Souvenir napoléonien qui fit célébrer un service solennel pour le centenaire de la paroisse (1966) et elle reçut, en 1976, la visite du prince et de la princesse Napoléon.

     

     

    Sources :

     

    "Eglises et Chapelles du Pays de Lanvaux" Père Joseph DANIGO cahiers de l'Univem 1982/1983

     "Colpo ou la métairie de Kervodo" Jean-Etienne PICAUT

     

     

     

     

     

     

     

        Voici quelques photos de l'église de Colpo

     

     

     

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